La manifestation des cyclistes pour Laetitia…

Publié le par François Champel

 

Cette manifestation est évidemment sympathique, mais elle m’amène à faire quelques réflexions simples de portée générale sur les comportements individuels et collectifs dans notre société…

Je suppose que ce rassemblement a été  organisé grâce aux réseaux sociaux… Cette nouvelle possibilité de manifester me semble pouvoir constituer un outil intéressant et potentiellement très utile… mais je crains que, dans l’immense majorité des cas, ces manifestations collectives ne soient provoquées essentiellement sur la base de réactions émotionnelles, sur lesquelles on ne saurait compter pour faire évoluer notre société dans le bon sens… Je crains qu’avec de telles initiatives, on trompe les manifestants sur eux-mêmes et qu’on les éloigne de la prise en conscience de leurs vraies responsabilités…

En l’occurrence, l’immense majorité des cyclistes doit avoir l’impression d’avoir fait une bonne action (ce en quoi ils n’ont peut-être pas tort…), mais le risque, c’est qu’ils se donnent bonne conscience à bon marché et qu’ils se situent implicitement parmi « les gens bien » dans « un monde où il y aurait les bons et les méchants » (eux-mêmes étant évidemment des « gens bien » puisqu’ils se sont joints à ce groupe si vertueux et si sympathique…) Aussi, croyant manifester pour une bonne cause (qu’en toute sincérité ils veulent servir…)  manifestent-ils en réalité surtout pour avoir le plaisir (parfaitement illusoire !) de se donner une image positive d’eux-mêmes…

Il n’est jamais bon de favoriser les illusions… Ce n’est pas comme ça que l’on risque d’améliorer la société ; ce n’est pas en endormant les gens que l’on fait progresser les hommes… C’est au contraire en les réveillant, en essayant d’éveiller leur conscience… mais c’est infiniment plus difficile ! « Plus difficile », mais, grâce à l’effort de chacun parlant intelligemment autour de soi, ce n’est pas impossible…

Dans le cas présent, à l’occasion de cet événement malheureux, il s’agit de s’efforcer comprendre les hommes, de comprendre ce qu’il y a de permanent  - et de plus particulièrement actuel - en eux-mêmes de comprendre la société, de voir ce qui lui manque et d’imaginer ce que soi-même - a sa très petite échelle ! - on pourrait faire pour la rendre la société actuelle un peu moins cruelle… (Tout cela, bien sûr, sans illusion !)

(Très vaste programme qu’on ne serait aborder en cette fin d’article, mais qui devrait appeler tout le monde à un travail permanent de réflexion…)

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