Pourquoi Fillon va gagner…

Publié le par François Champel

Pour les ignorants c’est une impossibilité ! Pour ceux qui réfléchissent, c’est une évidence - une évidence prouvée par la logique appliquée aux chiffres  !

Remarque préalable : En ne prenant en compte que les 60 % des électeurs qui avouent leur choix, les sondages ne veulent strictement rien dire !

 Supposer que, par eux-mêmes,  ils veuillent dire que le résultat final – celui de tous ceux qui voteront réellement – sera semblable à ceux d’une enquête revient à considérer que les « abstentionnistes » ont, dans l’ensemble, le même comportement que ceux qui s’expriment… Cela revient à dire que ceux qui sont différents sont en réalité semblables !  Peut-on imaginer une contradiction, une absurdité plus poussée que celle-là ? Pourtant c’est sur cette ânerie que les commentateurs et les médias fondent implicitement leurs évaluations et leurs « pronostics » ! (Pourquoi commettent-iles une telle erreur ? on le dira dans un autre article…)

(Par contre, les pourcentages veulent dire beaucoup à condition qu’on les prenne pour des données à prendre en considération comme l’un des éléments d’un raisonnement intelligent ! J’essayerai de me hisser, non pas au niveau de l’intelligence – que je n’ai peut-être pas… -  mais à celui du simple bon sens …)

Réfléchissons un peu… Quand on connait les pourcentages donnés par les enquêtes, le problème consiste simplement à comprendre pour quelles raisons tant d’électeur se disent « indécis »… Comme les raisons sont certainement différentes pour beaucoup, il faut faire un inventaire des raisons explicatives possibles.

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Quelles sont les raisons qui amènent les électeurs consultés à ne pas répondre aux questions et à se dire « indécis » ? Il y a à cela plusieurs réponses possibles (et, là aussi, évidentes…)

Il y a ceux qui sont effectivement indécis…

                soit – hypothèse très peu probable ! -  qu’ils  n’excluent aucune impossibilité entre les 11 prétendants !

                soit qu’ils hésitent entre un petit groupe de candidats (par exemple entre Mélanchon, Le Pen et Dupon -Aignant…),

                soit qu’ils hésitent entre seulement deux candidats (par exemple entre Macron et Fillon…) Cette possibilité correspond elle-même à deux cas possibles :

                               soit celui d’une véritable indécision liée à l’interrogation « Quel est le meilleur candidat ? »,

                               soit celui d’une préférence  personnelle précise, mais assortie de la tentation du « vote utile »,

Il y a ceux qui savent pour qui ils vont voter…  mais qui, pour différentes raisons, ne veulent pas répondre… Quelles sont ces raisons possibles ?

                Ils peuvent être des cachotiers par tempérament, ou par mauvaise humeur, ou par manque du courage de leur opinion (même à l’égard d’enquêteurs anonymes – qu’ils ne voient même pas…), ou par hostilité aux enquêteurs, ou par opposition au principe des sondages…

                Ils peuvent aussi savoir (de manière presque sûre, ou à peu près sûre…) pour qui ils vont voter, mais n’osent pas donner leur réponse. Ce, pour deux raisons possibles :

                               Au fond d’eux-mêmes,  ils connaissent leur choix, mais n’osent pas se l’avouer !

                               Ou bien, ils le connaissent bien, mais ne veulent pas l’avouer à un tiers parce que c’est mal vu…

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Parmi toutes ces possibilités, il est évidemment impossible de faire une estimation raisonnable sur les proportions probables entre les différents comportements… Mais peu importe, car, pour prévoir qui va gagner, il suffit de partir des résultats des sondages, et de repérer les raisons les plus probables susceptibles - pour chacun des concurrents –,  d’amener les « prétendus indécis » à ne pas avouer leur choix.

                Dans le cadre d’un article qui doit être court, je ne peux procéder à un examen exhaustif de ces cas. Mais, là encore, cela est sans importance !

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Examinons le cas du vote pour François Fillon.

Après une intense campagne qui a présenté François Fillon comme un voyou,  et qui a si bien marché qu’elle a amené un très grand nombre d’électeurs à se détourner de lui (et à rejoindre François MACRON !), on conçoit bien qu’après lui avoir tourné le dos  - au nom de la morale ! – il soit bien difficile pour eux de s’avouer – ou d’avouer à leurs proches … - que, finalement, ils vont revenir vers celui qu’ils ont considéré comme un voyou…

Le raisonnement est d’autant plus vrai que l’électorat de François FILLON comporte de nombreux catholiques – donc des gens très sensibles aux questions de morale…

Aussi longtemps que la pression médiatique a pu durer – et surtout que se détourner de son candidat préféré ne portait pas à conséquence,  on comprend qu’un très grand nombre d’électeurs se soient réfugiés dans leur attitude d’hommes et de femmes confortablement établis dans leur position de personnages d’une haute moralité… (Ceux-là sont alors allés se réfugier dans les bras de celui qui semblait le moins antinomique par rapport à leurs idées – en l’occurrence François MACRON…)

Pourtant l’heure du choix décisif approchant pour le sort du pays, on comprend que beaucoup commencent à réfléchir et à estimer que,  plutôt que de faire de la morale,  il est quand même bien plus intelligent de voter pour celui dont on estime qu’il conduira le pays conformément à sa réussite …

Après une analyse aussi claire, qui - à part les ignares, les gens de mauvaise foi, et ceux qui prennent leurs désirs pour des réalités – peut ne pas adhérer à une analyse  aussi évidente ?

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Certes, mais reste à savoir si l’écart d’intentions de vote révélé (« révélé » ?!) par les sondages – même très mal interprété… - ne serait pas tellement grand que le nombre de retours vers François Fillon ne permettrait pas le renversement de la tendance affirmée par les sondages ? Pour répondre à cette question, il suffit de se tourner vers les chiffres des sondages (qui, pour une fois, dans ce cas, à côté de leurs nombreux inconvénients, se révèlent avoir une certaine utilité…)

Or là aussi évidence : selon mes derniers résultats (Macron : 23%, Fillon : 19% - je me trouve à la campagne, en un lieu où il difficile de capture Internet...)il suffit d’un transfert légèrement supérieur à 2% pour que Fillon passe devant Emmanuel MACRON. Dès lors, qui peut devancer Fillon ? Sinon, peut-être, Marine LE PEN ou MELANCHON ? mais, comme il existe un jeu de bascule entre ces deux candidats et que le nombre des extrémistes est minoritaire en France, il est infiniment peu probable qu’au deuxième tour on assiste à un match entre Le PEN et MELANCHON  (On pourrait approfondir cette question, mais on n’en n’a pas le temps et c’est inutile…)

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Conclusion pratique : pour un esprit rationnel, il est sûr que Fillon sera présent au deuxième tour (et pour d’autres raisons à détailler… qu’il sera le prochain président de la République.)

Voilà le résultat d’une analyse rationnelle. Mais n’oublions pas qu’il serait possible d’aboutir à la même conclusion  par d’autres voies…

Publié dans Politique, Fillon,, Election

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