La machination

Publié le par François Champel

EXTRAITS DE L’OPUSCULE :

Election présidentielle : La machination enfin dévoilée !

découverte, démontage et dévoilement d’un projet machiavélique… (et de ses ratés…)

Copyright : © François Chantal 2017

 

 

1 - le chef d’orchestre, ses atouts et ses limites

le chef d’orchestre     page 10

Les atouts     page 14

 

2 - La conception du plan     

La préparation…     page 18

La clé du succès du plan      page 19

Le grain de sable     page 24

 

3 - L’exécution

( cette partie trop bien connue ne sera pas traitée ici)

 

4 - Conséquences

Les conséquences politiques évidentes     page 24

Conséquences morales      page26

Conséquences pratiques pour notre vie     page26

Cependant : une question  (et un espoir…)     page26

 

 

 

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1 - Le « chef d’orchestre », ses atouts et ses limites…

 

François Hollande bénéficie de deux catégories d’atouts : ses pouvoirs institutionnels - tels qu’ils sont définis par la constitution… et pratiqués par lui (comme d’ailleurs par ses prédécesseurs), ainsi que les ressources évidentes de sa personnalité propre).

De la part d’un personnage particulièrement intelligent, calculateur, avide d’influence et de pouvoir personnel (et d’une moralité que l’on n’a pas à juger, mais qu’il serait quelque peu naïf de la situer très au-dessus du comportement de la majorité des hommes politiques…), il serait inconcevable qu’il n’ait pas mis à profit tous les avantages dont il dispose…

Sur cette base, en se mettant dans sa situation, il est possible d’imaginer - de manière parfaitement logique - et pratiquement certaine - les choix qu’il a faits pour tenter de réaliser ses ambitions… Cependant, comme il est toujours possible de se tromper, il y a lieu de se reporter aux événements ultérieurs,  pour vérifier s’ils confirment - ou infirment… - la validité des grands choix que l’on a repérés comme parfaitement cohérents avec sa personnalité et ses ambitions… A cet égard, la suite des événements confirme parfaitement la justesse des conclusions auxquelles on aboutit…

 

Remarque préalable : à la fois par respect pour l’homme et pour tenir compte du fait qu’il est entouré de conseillers qui peuvent avoir une influence sur ses décisions, nous ne désignerons pas toujours le président de la république par son nom, François Hollande, mais par le pseudonyme « l’élyséen »… On comprendra que ce terme désigne, tantôt l’homme lui-même avec sa personnalité propre, tantôt l’équipe dont il est le chef…

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(Selon les circonstances, et par respect de l’homme et de la vérité,  on emploiera tantôt le nom propre, tantôt cette désignation…)

La caractéristique la plus évidente de François Hollande est celle de son ambition… En soi, l’ambition est une qualité et ne devient un défaut que lorsque celui qui la porte fait passer son propre intérêt - matériel, statutaire ou psychologique, etc… - avant celui du pays qu’il est censé servir… Quelle est l’ambition réelle de l’Élyséen ? Servir son pays ? ou se servir lui-même ? Ne tranchons pas de manière trop claire, car nous n’en sommes pas capables, et nous le sommes d’autant moins que ces deux motivations sont sans doute présentes et en grande partie inconscientes, chez lui, comme à peu près chez tout le monde… Par contre, il serait difficile d’admettre qu’il n’ait jamais eu l’intention d’orienter la suite des événements selon ses vues personnelles… 

Une autre caractéristique, elle aussi impossible à évaluer de manière parfaite, est celle de sa moralité personnelle… Là non plus on ne peut trancher de manière parfaite… Cependant, qui pourrait croire que des scrupules excessifs l’amèneraient à éviter de recourir à des procédés qui ne seraient pas totalement conformes à la morale privée et publique ?

Qui pourrait nier à l’élyséen ses qualités d’intelligence ? son esprit calculateur ? sa capacité à prévoir très longtemps à l’avance les actions destinées à servir ses desseins… Ce, d’autant plus que l’observation des faits passés - et en particulier celui de son élection en 2012 et de la longue période qui l’a précédée – confirme, cette intuition très largement partagée par tous les observateurs…

A ces atouts, de caractère personnel, il faut naturellement ajouter ceux qui résultent de sa position infiniment avantageuse à la tête de l’État français. On pense ici,  bien sûr, à son influence sur le ministère de la justice, sur celui des finances, sur la télévision et aux

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renseignements que peuvent lui fournir les divers services secrets de l’État… On pense aussi à son pouvoir de désignation - directe ou indirecte - des grands responsables de la justice et  de l’administration… On pense également aux nombreuses connaissances et « amitiés » acquises pendant ses études à l’ENA aussi bien qu’au cours d’une très longue carrière politique au parti socialiste, puis à la tête de l’État…

Lorsqu’on songe à tous ces atouts dont dispose l’élyséen, comment pourrait-on imaginer qu’il ne puisse pas les utiliser intelligemment au service de son ambition ?

 

Une étonnante question à propos de son désir de réélection…

 

Les commentateurs politiques se sont longtemps demandés pourquoi François Hollande, descendu si bas dans l’opinion des Français, condamné qu’il était (à leur avis…) à un échec à peu près certain, puisse jusqu’au dernier moment envisager sa candidature à la présidence de la république…

Ils étaient d’autant plus étonnés qu’un échec à peu près certain aurait constitué pour lui un camouflé, inadmissible pour son orgueil personnel… Alors qu’au contraire, une renonciation honorable - toujours possible à présenter sous l’influence des motifs les plus nobles - lui auraient permis de faire une sortie plus qu’honorable…

 

L’analyse des commentaires politique était juste… A ceci près que, bien moins intelligents et imaginatifs que la bête politique qu’ils cherchaient à cerner, ils n’avaient pas été capables de percevoir la possible exploitation de tous les atouts dont il disposait…

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La réponse à la question posée

 

Si un homme  aussi intelligent et lucide que François Hollande a voulu pendant aussi longtemps se présenter à la présidence de la république, il serait délirant d’en chercher la cause dans un entêtement dû à un supposé manque de lucidité…

Alors quelle est la cause mystérieuse – que personne n’a encore jamais clairement élucidée… (ou du moins, à notre connaissance, exposée…) de cette persistance à vouloir se présenter à nouveau à la présidence de la république ?

 

La réponse à cette question résulte de la convergence entre la conscience des atouts dont disposait alors  François Hollande et l’observation des faits qui se sont déroulés pendant la campagne…

Conscient de tous ces avantages, l’élyséen a conçu un plan d’action minutieusement et - comme il se doit dans ces cas-là … - longuement préparé. Appelons-le le plan initial, ou - puisque l’emploi des lettres est à la mode, - «le plan A» (d’autant plus que l’emploi d’un nom de code, ça fait toujours bien, même s’il est injustifié…).

 

La nature de la décision de l’élyséen…

 

François Hollande… (selon un lapsus qui me vient souvent à l’esprit, j’allais dire : « François Mitterrand »… Ce, non pas en fonction de la

 

 

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ressemblance des prénoms[1], mais,  mais parce qu’en dépit du contraste entre l’air patelin - sans doute voulu… - de l’un, et l’air très digne de

l’autre,  il existe entre les deux personnages une vraie ressemblance de tempérament et de comportement… Bien que moins théâtral dans son attitude, François Hollande est certainement un petit Mitterrand… aussi redoutable que celui qui a été son père spirituel…). François Hollande donc - ou plutôt l’élyséen - a certainement compris le genre de décision qu’il avait à prendre : conscient que ni lui-même ni le  parti socialiste n’étaient en mesure de présenter un programme cohérent et crédible, il a opté pour la seule solution qui lui restait, à savoir celle d’un coup bas, destiné à écarter durablement la question essentielle des programmes et, en même temps, à déstabiliser son futur adversaire…

 

[1] L’auteur de ce texte porte aussi ce prénom de François, mais les talents peut-être accordés à ce prénom ne conduisent pas à ce genre d'action… peut-être, par contre, lui permettent-ils de les deviner ?

Les atouts

 

Trois atouts fortuits…

En plus de ces atouts permanents, l’élyséen a su profiter de trois atouts fortuits.

Premier atout, sans doute totalement inattendu : l’affaire Cahuzac, affaire en soi bien malheureuse pour le pouvoir, mais dont, en donnant l’occasion d’une réforme,  le pouvoir en place pouvait tirer un avantage accessoire…

Deuxième atout : la présence au ministère de la justice de Madame Christiane Taubira, dont on connaît la passion pour le redressement des torts (notamment peut-être ceux de ses adversaires…) (Ce, avec l’avantage de ne pas mettre le président lui-même au premier plan de la réforme…)

 

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Troisième atout : la possibilité de recruter un procureur général pour diriger le tribunal national financier à créer, qui serait sans doute parfaitement apte à conduire les enquêtes conformément aux vœux du pouvoir…

Quatrièmes atout : la présence dans le cabinet - puis au sein du gouvernement – d’un certain Monsieur Emanuel MACRON…

 

De ces quatre atouts, l’élyséen a su habilement tirer parti…

 

Dans son projet de faire agir la justice contre son futur adversaire comme candidat à la présidence de la république, l’élyséen rencontrait une difficulté : celui de la lenteur bien connue de la justice… Il a su cependant mettre à profit les deux premiers atouts cités ci-dessus…

L’affaire  Cahuzac donnait au pouvoir en place l’excellente occasion de faire une réforme ponctuelle de la justice, destinée à permettre de juger les délits financiers d’une manière particulière, permettant notamment l’utilisation de procédures exceptionnellement rapides… La réforme possédait l’avantage appréciable d’attirer l’approbation - et même l’admiration ! - de la grande majorité des Français… mais dans l’esprit de l’élyséen, elle en présentait un autre : celui d’accroître l’efficacité de son plan A, conçu pour accéder à la présidence de la république…

La présence de Madame Christiane au ministère de la Justice donnait, sans intervention de sa part, l’assurance de la mise en place d’une réforme permettant à « la Justice » d’agir d’une manière exceptionnellement rapide et efficace…

 

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Comme on peut s’en douter, la nomination du procureur spécial ne posait aucun problème…

 

L’atout Emmanuel Macron

 

La présence au cabinet d’un homme jeune, intelligent, patient et ambitieux, habile à se faire le confident et l’ami intime du Président, a constitué dans l’esprit de l’élyséen un atout qu’il pourrait mettre à profit pour son plus grand intérêt…

Le calcul, qui a sans doute fait l’objet d’un échange entre les deux hommes,  était simple de chacun des deux côtés…

En dépit d’une une attaque bien organisée - et meurtrière ! -  contre la droite, l’élyséen ne pouvait compter sur un transfert rapide sur son nom des électeurs déçus de la droite … L’idée très naturelle - nécessaire même – consistait donc  à trouver une étape intermédiaire pour favoriser le transfert. Cette étape, c’était un parti nouveau, ni de droite, ni de gauche, qui attirerait des électeurs des deux bords (et plus particulièrement ceux déçus de la droite…) Problème : ce parti n’existait pas… (le MoDem était trop inconsistant et déconsidéré auprès d’une large partie de l’électorat - notamment celui de droite qu’il s’agissait d’attirer…) Qu’à cela ne tienne ! Il suffisait de créer ce parti ! Il fallait cependant trouver un chef ! Le plus naturel était de s’adresser à ce jeune homme ambitieux, qui avait de plus l’avantage de posséder des amitiés dans les milieux d’affaires…

 

Quelques-uns pourront penser que le calcul comportait un risque : celui de voir le chef du nouveau parti vouloir voler de ses propres ailes et cesser de servir de prête-nom à son maître…  (un peu comme le fit,

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en d’autres temps,  à l’autre de l’autre côté de l’échiquier, un certain Balladur installé par Chirac comme premier ministre…)

Ce risque n’a sans doute pas échappé à l’élyséen, mais, en raison de la faiblesse évidente du danger redouté… il ne s’y est arrêté certainement que très peu de temps : comment en effet pourrait-on imaginer que dans une configuration politique artificielle - qui a toujours conduit à l’échec… - un jeune homme sans expérience, mis en selle par son patron, pourraient lui damer le pion ?

L’opération était donc sans risque et présentait  l’avantage d’offrir une transition à un certain nombre d’électeurs, qui, plus tard, au vu de l’échec à prévoir, pourrait alors venir rejoindre Hollande… D’autant plus que le séducteur désarçonné saurait donner les consignes de vote qu’il conviendrait…

 De ce côté on comprend aisément que l’inconnu Emanuel Macron trouvait là une excellente occasion de sortir de l’ombre et de se préparer un avenir personnel, à concrétiser réellement en son nom à la prochaine élection présidentielle…

 

On comprend évidemment que l’opération devait demeurer secrète et qu’il était très opportun de cultiver une certaine ambiguïté, dont la presse s’empresserait de s’emparer… (On a vu effectivement les journalistes se demander à longueur de semaines pour qui roulait l’ami Macron : pour lui-même ? Ou pour son ami Hollande ? Tout cela avec l’avantage de faire parler du futur candidat…) De son côté, Macron avait à cultiver cette ambiguïté, en faisant montre à la fois d’une certaine indépendance apparente et d’un respect toujours gardé à l’égard de son ancien ami… (N’est-ce pas cela qui s’est effectivement passé ?)

 

 

 

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2 - La conception du plan

Tous les éléments inventoriés dans l’esprit de  l’élyséen, il restait à concevoir le plan d’action à mettre en place au moment le plus favorable de l’élection présidentielle… le plan alors conçu présentait  l’avantage d’être fort simple - et surtout à coup sûr de faire mouche ! Pour le connaître, il suffit de voir ce qui s’est passé par la suite et de comprendre la manière dont les événements ont été préparés…

La préparation…

Présentons-la sous la forme d’une simple liste :

1 - contact avec une équipe de journalistes bien disposés du canard enchaîné,

2 – promesse de leur fournir des éléments importants pour la mise en accusation d’un favori de la droite, leur permettant de faire d’une pierre trois coups : augmenter leurs ventes, entretenir ou même accroître la notoriété du journal, militer (de manière cachée…) en faveur de leurs préférences idéologiques personnelles…  Et en prime, rire d’une bonne farce jouée à l’ensemble d’une population courtisée (et, en réalité, méprisée...) Et se faire plaisir !

3 - ordre donné au ministère des finances de laisser habilement échapper quelques indiscrétions destinées à nourrir d’informations les partenaires du canard ;

4 - mise en application du plan par une habile et diabolique série de parutions étalées chaque mercredi sur plusieurs semaines de suite…

5 –pour couronner l’opération, intervention extrêmement rapide du procureur général du tribunal pénal national financier (ce,

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sans que le procureur général en question, soigneusement choisi, ait besoin de recevoir la consigne d’intervenir…)

6 - exploitations de la caisse de résonance formée par les journalistes, évidemment soucieux d’aller - qu’ils soient de gauche ou même de droite… – dans le sens de l’accusation et de la révolte de leur clientèle d’auditeurs et de téléspectateurs,

 7 - ensuite acharnement médiatique et juridique poursuivi des semaines durant par les acteurs mis en place…

Après l’offensive en règle, il n’y aurait plus ensuite qu’à recueillir les bénéfices de l’opération menée pour préparer la suite de la campagne présidentielle…

La clé du succès du plan

Beaucoup d’observateurs estiment - d’ailleurs à juste titre… – que le succès du plan est dû à la perfection de sa conception et de sa réalisation… Cependant, ils ne perçoivent qu’une petite partie de la vérité, car ils ne comprennent ce que sont les véritables ressorts de son succès…

La clé de la réussite, ce n’est pas la mise en place du plan, tel qu’il a été organisé, mais la manière dont l’immense majorité des électeurs le reçoivent ! (Cela ne diminue pas l’intelligence avec laquelle il a été conçu, car l’élyséen, pourvu d’un certain niveau culture, a une parfaite connaissance de la psychologie des hommes…)

Lorsqu’on examine les données permettant de prévoir les réactions des Français, on s’aperçoit que les auteurs de l’intrigue jouaient sur du velours ! Car ils faisaient appel à sept types de facteurs favorables aux effets évidemment convergents : 1°) la colère croissante des Français face à la découverte du comportement scandaleux (notamment à l’occasion de l’affaire Cahuzac), alors qu’eux-mêmes estiment - à juste raison - avoir à

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trimer de plus en plus, 2°) et 3°) l’hypocrisie des propos des hommes de pouvoir, qui parlent sans suffisamment de nuances des notions de présomption d’innocence et d’indépendance de la justice, 4°) (et surtout) le mécanisme bien connu, très profondément inscrit dans la personne humaine et dans les foules, celui de la projection. 5°) une certaine jalousie, en général inconsciente à l’égard des classes plus privilégiés - avec le désir de punir les bénéficiaires 6°) une très sympathique, mais bien regrettable naïveté d’une importante partie de la population… 7°) La paralysie de l’esprit critique

 

Donnons quelques indications rapides à propos de chacun de ces atouts…

  • la colère croissante des Français face à la découverte du comportement scandaleux de certains politiques…  C’est le motif le plus fréquemment évoqué par les commentateurs - et c’est même souvent le seul ! L’explication est exacte, mais elle est bien courte ! Et même de caractère relativement secondaire…
  • « L’indépendance de la Justice », qui constitue certes un idéal,  qu’il faut défendre… mais pas nécessairement une réalité ! Surtout, il ne faut pas que confondre l’indépendance de l’institution dans son principe avec le comportement effectif de tel ou tel juge ! (Il est même risible d’entendre le président de la république -  censé parler au nom de sa fonction de défense des institutions ! - laisser entendre que François Fillon ne devait pas se défendre dans cette direction… (En dehors de l’aspect contestable de ses propos, qu’aurait-il fait lui-même, s’il s’était trouvé dans une situation analogue ?)

 

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  • La tarte à la crème de la fameuse « présomption d’innocence », que le pouvoir évoque volontiers pour essayer de faire croire à son innocence… alors qu’en réalité on sait bien que dans l’esprit de tout le monde, une mise en examen signifie au contraire « une présomption de culpabilité »

A propos de ces deux notions [d’indépendance de la justice et de présomption d’innocence], que d’hypocrisie ! et de sottise on peut entendre (malheureusement avec l’effet pervers recherché…)

  • Le mécanisme de la projection… c’est de loin le facteur le plus important pour assurer le succès de la mise en accusation de la victime désignée… Lorsqu’un homme est accusé par le pouvoir médiatique en place, les foules réagissent en obéissant à deux types d’influences, 1°) dès lors que l’accusation va dans le sens de leur réaction, celle de la confiance dans les nouvelles émises par les grands médias connus (surtout s’ils sont bêtement censés représenter la vérité ! Et la vertu ! et ce, même quand on croit s’en méfier !), 2° celle du mécanisme de la « projection » et celle, relativement semblable, du « bouc émissaire »… Le principe repose sur deux réalités : 1°) les gens refusent de reconnaître leurs défauts personnels, dont, inconsciemment, ils se sentent cependant encombrés,  2°) ils se libèrent de leur angoisse cachée en « projetant » la faute non reconnue sur la personne qui leur est désignée… (ici en l’occurrence François Fillon ). C’est ce genre de sentiments et de comportements qui conduisaient autrefois la foule à applaudir à l’exécution des victimes désignées (comme notamment, il y a un peu près deux siècles de cela,  la reine  Marie-Antoinette, laquelle était évidemment infiniment loin de mériter de subir un tel châtiment !) C’est ce mécanisme bien connu de la vindicte populaire qui, aujourd’hui comme hier,  conduit  à déverser sur

 

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le seul François Fillon, toutes les fautes des politiciens des divers

  • bords de l’échiquier politique - ainsi que celles de tous les citoyens et, particulièrement, de ceux qui crient le plus fort !) On est en plein dans la passion, dans l’irrationnel, dans le délire même !  C’est d’ailleurs ce qui constitue la force du procédé…
  • « Une très sympathique, mais bien regrettable naïveté d’une importante partie de la population… » : les gens ordinaires (comme vous et moi…) sont dans l’ensemble pourvus d’un certain niveau de moralité, qui les amène à écarter l’idée (là encore par un phénomène de projection, mais jouant en sens contraire…) qu’on puisse les tromper d’une manière totalement cynique - et d’une incroyable bassesse… avec l’intention, évidemment non pas de les informer ! mais d’atteindre leur noir projet…
  • La paralysie de l’esprit critique : quand une population se trouve soumise à une grande colère, elle en vient à perdre tout esprit critique - au point de ne plus être capable de s’apercevoir des absurdités de comportements des accusateurs publics. C’est bien incontestablement ce qui se passe dans l’affaire présente… Comment ne pas voir qu’en l’occurrence « la Justice » - ou, si l’on veut, le tribunal concerné… - fonde son intervention sur une dénonciation, et, pour prendre sa décision, qu’il se place dans une situation de « recel d’informations » ? Comment ne pas voir qu’en s’intéressant à une seule personne [celle qui a fait l’objet de la dénonciation] elle laisse de côté ses concurrents situés dans la même position qu’elle – et, probablement, dans au moins un ou deux cas, dans une situation d’égale culpabilité ? Comment ne pas s’apercevoir qu’en ayant l’air de défendre la moralité publique, elle intervient surtout dans le champ de la politique et qu’elle porte un coup redoutable à la démocratie ? (Mais où se trouve-t-on ? Dans notre chère France ? Que l’on voudrait

 

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pourtant voir toujours imprégnée des principes d’intelligence, de justice et de démocratie !)

Chapeau ! Le plan a été bien conçu et bien mené !

Du point de vue de la morale générale et de la morale politique (à supposer qu’il y en ait encore une chez beaucoup de nos politiciens…) les procédés utilisés peuvent paraître plus que contestables !  lamentables et honteux ! ) Mais, pour nos conspirateurs,  peu importe ! Seul compte résultat inespéré, celui du renversement d’une tendance, qui fait passer d’un succès à peu près assuré de la droite à sa  défaite considérée comme quasi certaine… (ou du moins encore à ce jour considérée comme telle…  car, dans les deux semaines qui viennent,  la droite n’a peut-être pas encore dit son dernier mot…)

Quelques remarques d’intérêts secondaires (mais quand même à formuler…)

  • Au moment où le plan a été conçu, l’élyséen ignorait évidemment quelle serait la victime de la mauvaise farce… mais, connaissant bien le comportement de l’immense majorité des parlementaires, il savait que - nul n’étant parfait - quel que soit l’adversaire à affronter, on  trouverait matière à l’attaque souhaitée… (Evidemment, François Fillon, puisqu’il a été choisi comme le candidat de la droite,  est devenu la victime désignée… Ce, non pas parce que c’est sa personne elle-même qui se trouve impliquée, mais parce qu’il est le leader de cette de droite à abattre… Que le lecteur veuille bien m’excuser d’exprimer une telle évidence ! Mais si on taisait toutes les évidences, on n’aurait plus rien à dire sur cette incroyable campagne électorale de 1017 !)
  • Contrairement au plan imaginé au départ, l’opération devait se faire au bénéfice de François Hollande, mais compte tenu de sa renonciation, le bénéficiaire a changé : ce n’est plus François

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  • Hollande lui-même, mais son fils spirituel, Emanuel Macron, et, avec lui,  le nouveau parti socialiste, caché sous la fallacieuse apparence d’une synthèse entre la droite et la gauche !

Le grain de sable

On a sans doute bien compris que la perfection du coup imaginé par l’élyséen répondait parfaitement à la question posée par son souhait persistant de vouloir se présenter malgré son immense impopularité. Il s’est cependant révélé par la suite qu’il a renoncé à persévérer dans cette intention… Pourquoi a t-il finalement pris cette décision ? Les raisons peuvent être nombreuses et il n’est pas possible d’en préjuger sur la base d’un raisonnement logique… On peut imaginer a priori qu’au moment de prendre sa décision, il a dû estimer que son degré d’impopularité était tellement important qu’en dépit de la perfection de son plan d’action, il risquait trop de se révéler insuffisant pour relever un défi aussi grand… (Peut-être aussi a t-il été victime de certaines manœuvres de son entourage - entre autres, par exemple, d’un certain Manuel Valls… ou du responsable du parti socialiste…) Quoiqu’il en soit, la raison véritable ne présente  pas grande importance… Ce qui compte c’est le fait lui-même… et ses importantes conséquences…

4 – Conséquences

Les conséquences politiques évidentes

La mise en en application du plan, initialement prévue au bénéfice de l’élyséen, puis, par le fait de sa renonciation, transférée pour l’avantage de son fils spirituel,  Emmanuel Macon, comporte d’importantes conséquences d’ordres très différents. Parce qu’il y a lieu de laisser à chacun le soin de former son propre jugement, nous nous contenterons de les commenter que très brièvement.

 

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  • La mise hors-jeu du candidat de droite et, avec lui, des idées et projets de la droite elle-même… (Cependant reste à savoir si l’effet escompté se prolongera jusqu’au jour du vote… l’avenir très prochain le dira…)
  • par le fait de la renonciation obligée de l’élyséen, le jeune candidat, chargé au départ de faire diversion, Emmanuel Macron, a pris le rôle d’un véritable candidat à la présidence de la république… Et il l’a fait dans des conditions exceptionnellement favorables pour lui, puisque le terrain de l’adversaire avait été très efficacement miné…
  • Troisième conséquence - celle-là incertaine… - dans l’hypothèse où Emmanuel Macon serait élu, la France aurait hérité pendant cinq ans d’une personnalité inconnue, certes intelligente, ambitieuse, dynamique, mais, sans expérience réelle, qui n’a encore jamais fait la preuve de ses capacités à gouverner un grand pays comme le nôtre. Son élection représenterait  pour le peuple français tout entier un saut dans l’inconnu - qui pourrait s’avérer merveilleux (qui peut croire encore à une telle possibilité ?)… catastrophique, ou, bien plus probablement encore, simplement médiocre…
  • Quatrième conséquence - celle-là certaine ! -  la naissance d’un parti sans doctrine, ne proposant que des solutions empiriques plus ou moins illusoires – des gadgets –,  un parti sans aucune possibilité de rassembler une majorité sincère et cohérente, un parti qui conduirait au retour de la cinquième IVe République, avec le déclin et l’abaissement de notre pays…
  • La quasi-disparition du parti socialiste, qui renaît de ses cendres, en ayant perdu sa dénomination et sa doctrine, mais conservé l’ensemble de ses caractéristiques…
  • (Last, but not the least - du moins pour beaucoup de politiciens ) : la bouée de sauvetage pour les transfuges du parti socialiste,

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  • auxquelles sont venus se joindre de courageux et honnêtes hommes de la droite !

 

Conséquences morales

 

  • Un sabotage en règle de la démocratie, où les électeurs et les commentateurs ne discutent plus des vrais problèmes pour l’avenir de notre pays, mais se contentent de discourir à longueur de journées des accusations contre un homme…
  • Un abaissement de la conscience civique des citoyens et, avec elle, la progression des idées irréalistes de l’extrême droite et de l’extrême gauche - avec tout ce que cela implique pour la construction de l’Europe et l’avenir de notre pays
  •  

Conséquences pratiques pour notre vie dans les cinq ans à venir

Et, malheureusement, pour une bien plus longue période…

Selon les résultats de l’élection, la France risque soit de se redresser, soit de s’enfoncer davantage dans son déclin actuel…

 

Cependant : une question  (et un espoir…)

 

« Les gens du haut » - du moins certain d’entre eux…– ont cru pouvoir tromper les électeurs, mais ils ont peut-être fait l’énorme erreur de les prendre pour plus bêtes qu’ils ne sont… Beaucoup d’électeurs comprendront sans doute qu’en faisant mine de s’adresser à leurs bons sentiments,  on a en réalité essayé de les rouler dans la farine… Si bien que, le jour venu, ils sauront s’affranchir de l’influence de la propagande subtile à laquelle ils ont été soumis… lls jugeront alors en fonction de leur

 

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intérêt et de leur bon sens - et iront même jusqu’à se venger contre ceux qui ont voulu les tromper de manière aussi cynique…

 

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