La clé du succès de l'attaque de Fillon

Publié le par François Champel

Extait - plus court - de l'opuscule "la manipulation enfin révélée"

Beaucoup d’observateurs estiment - d’ailleurs à juste titre… – que le succès du plan est dû à la perfection de sa conception et de sa réalisation… Cependant, ils ne perçoivent qu’une petite partie de la vérité, car ils ne comprennent ce que sont les véritables ressorts de son succès…

La clé de la réussite, ce n’est pas la mise en place du plan, tel qu’il a été organisé, mais la manière dont l’immense majorité des électeurs le reçoivent ! (Cela ne diminue pas l’intelligence avec laquelle il a été conçu, car l’élyséen, pourvu d’un certain niveau culture, a une parfaite connaissance de la psychologie des hommes…)

Lorsqu’on examine les données permettant de prévoir les réactions des Français, on s’aperçoit que les auteurs de l’intrigue jouaient sur du velours ! Car ils faisaient appel à sept types de facteurs favorables aux effets évidemment convergents : 1°) la colère croissante des Français face à la découverte du comportement scandaleux (notamment à l’occasion de l’affaire Cahuzac), alors qu’eux-mêmes estiment - à juste raison - avoir à trimer de plus en plus, 2°) et 3°) l’hypocrisie des propos des hommes de pouvoir, qui parlent sans suffisamment de nuances des notions de présomption d’innocence et d’indépendance de la justice, 4°) (et surtout) le mécanisme bien connu, très profondément inscrit dans la personne humaine et dans les foules, celui de la projection. 5°) une certaine jalousie, en général inconsciente à l’égard des classes plus privilégiés - avec le désir de punir les bénéficiaires 6°) une très sympathique, mais bien regrettable naïveté d’une importante partie de la population… 7°) La paralysie de l’esprit critique

 

Donnons quelques indications rapides à propos de chacun de ces atouts…

  • la colère croissante des Français face à la découverte du comportement scandaleux de certains politiques…  C’est le motif le plus fréquemment évoqué par les commentateurs - et c’est même souvent le seul ! L’explication est exacte, mais elle est bien courte ! Et même de caractère relativement secondaire…
  • « L’indépendance de la Justice », qui constitue certes un idéal,  qu’il faut défendre… mais pas nécessairement une réalité ! Surtout, il ne faut pas que confondre l’indépendance de l’institution dans son principe avec le comportement effectif de tel ou tel juge ! (Il est même risible d’entendre le président de la république -  censé parler au nom de sa fonction de défense des institutions ! - laisser entendre que François Fillon ne devait pas se défendre dans cette direction… (En dehors de l’aspect contestable de ses propos, qu’aurait-il fait lui-même, s’il s’était trouvé dans une situation analogue ?)
  • La tarte à la crème de la fameuse « présomption d’innocence », que le pouvoir évoque volontiers pour essayer de faire croire à son innocence… alors qu’en réalité on sait bien que dans l’esprit de tout le monde, une mise en examen signifie au contraire « une présomption de culpabilité »

A propos de ces deux notions [d’indépendance de la justice et de présomption d’innocence], que d’hypocrisie ! et de sottise on peut entendre (malheureusement avec l’effet pervers recherché…)

  • Le mécanisme de la projection… c’est de loin le facteur le plus important pour assurer le succès de la mise en accusation de la victime désignée… Lorsqu’un homme est accusé par le pouvoir médiatique en place, les foules réagissent en obéissant à deux types d’influences, 1°) dès lors que l’accusation va dans le sens de leur réaction, celle de la confiance dans les nouvelles émises par les grands médias connus (surtout s’ils sont bêtement censés représenter la vérité ! Et la vertu ! et ce, même quand on croit s’en méfier !), 2° celle du mécanisme de la « projection » et celle, relativement semblable, du « bouc émissaire »… Le principe repose sur deux réalités : 1°) les gens refusent de reconnaître leurs défauts personnels, dont, inconsciemment, ils se sentent cependant encombrés,  2°) ils se libèrent de leur angoisse cachée en « projetant » la faute non reconnue sur la personne qui leur est désignée… (ici en l’occurrence François Fillon ). C’est ce genre de sentiments et de comportements qui conduisaient autrefois la foule à applaudir à l’exécution des victimes désignées (comme notamment, il y a un peu près deux siècles de cela,  la reine  Marie-Antoinette, laquelle était évidemment infiniment loin de mériter de subir un tel châtiment !) C’est ce mécanisme bien connu de la vindicte populaire qui, aujourd’hui comme hier,  conduit  à déverser sur le seul François Fillon, toutes les fautes des politiciens des divers bords de l’échiquier politique - ainsi que celles de tous les citoyens et, particulièrement, de ceux qui crient le plus fort !) On est en plein dans la passion, dans l’irrationnel, dans le délire même !  C’est d’ailleurs ce qui constitue la force du procédé…
  • « Une très sympathique, mais bien regrettable naïveté d’une importante partie de la population… » : les gens ordinaires (comme vous et moi…) sont dans l’ensemble pourvus d’un certain niveau de moralité, qui les amène à écarter l’idée (là encore par un phénomène de projection, mais jouant en sens contraire…) qu’on puisse les tromper d’une manière totalement cynique - et d’une incroyable bassesse… avec l’intention, évidemment non pas de les informer ! mais d’atteindre leur noir projet…
  • La paralysie de l’esprit critique : quand une population se trouve soumise à une grande colère, elle en vient à perdre tout esprit critique - au point de ne plus être capable de s’apercevoir des absurdités de comportements des accusateurs publics. C’est bien incontestablement ce qui se passe dans l’affaire présente… Comment ne pas voir qu’en l’occurrence « la Justice » - ou, si l’on veut, le tribunal concerné… - fonde son intervention sur une dénonciation, et, pour prendre sa décision, qu’il se place dans une situation de « recel d’informations » ? Comment ne pas voir qu’en s’intéressant à une seule personne [celle qui a fait l’objet de la dénonciation] elle laisse de côté ses concurrents situés dans la même position qu’elle – et, probablement, dans au moins un ou deux cas, dans une situation d’égale culpabilité ? Comment ne pas s’apercevoir qu’en ayant l’air de défendre la moralité publique, elle intervient surtout dans le champ de la politique et qu’elle porte un coup redoutable à la démocratie ? (Mais où se trouve-t-on ? Dans notre chère France ? Que l’on voudrait pourtant voir toujours imprégnée des principes d’intelligence, de justice et de démocratie !)

Chapeau ! Le plan a été bien conçu et bien mené !

Du point de vue de la morale générale et de la morale politique (à supposer qu’il y en ait encore une chez beaucoup de nos politiciens…) les procédés utilisés peuvent paraître plus que contestables !  lamentables et honteux ! ) Mais, pour nos conspirateurs,  peu importe ! Seul compte résultat inespéré, celui du renversement d’une tendance, qui fait passer d’un succès à peu près assuré de la droite à sa  défaite considérée comme quasi certaine… (ou du moins encore à ce jour considérée comme telle…  car, dans les deux semaines qui viennent,  la droite n’a peut-être pas encore dit son dernier mot…)

Quelques remarques d’intérêts secondaires (mais quand même à formuler…)

  • Au moment où le plan a été conçu, l’élyséen ignorait évidemment quelle serait la victime de la mauvaise farce… mais, connaissant bien le comportement de l’immense majorité des parlementaires, il savait que - nul n’étant parfait - quel que soit l’adversaire à affronter, on  trouverait matière à l’attaque souhaitée… (Evidemment, François Fillon, puisqu’il a été choisi comme le candidat de la droite,  est devenu la victime désignée… Ce, non pas parce que c’est sa personne elle-même qui se trouve impliquée, mais parce qu’il est le leader de cette de droite à abattre… Que le lecteur veuille bien m’excuser d’exprimer une telle évidence ! Mais si on taisait toutes les évidences, on n’aurait plus rien à dire sur cette incroyable campagne électorale de 1017 !)
  • Contrairement au plan imaginé au départ, l’opération devait se faire au bénéfice de François Hollande, mais compte tenu de sa renonciation, le bénéficiaire a changé : ce n’est plus François Hollande lui-même, mais son fils spirituel, Emanuel Macron, et, avec lui,  le nouveau parti socialiste, caché sous la fallacieuse apparence d’une synthèse entre la droite et la gauche !

Publié dans Politique, Fillon,, Hollande

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