Politique : au-delà des rivalités

Publié le par François Champel

Je vais partir d’un souvenir personnel ancien, apparemment très anodin, mais en fait très significatif - très explicatif – de ce que nous vivons aujourd’hui au cours de cette campagne électorale pourrie… nous étions un groupe de jeunes ingénieurs réunis autour d’une table de café ; nous parlions de choses et d’autres, et, à un moment, nous en étions arrivés à parler de politique… je ne sais plus comment… (peut-être était-ce à la suite d’une intervention personnelle…),  nous en arrivâmes à définir le but de la politique. Quelle ne fut pas ma surprise  (et ma naïveté de cette époque… ) lorsque j’entendis affirmer -  avec l’approbation de tous les présents - que le but de la politique n’était rien d’autre que la conquête du pouvoir… Cette unanimité était d’autant plus surprenante que nous n’étions pas des anciens élèves de Sciences-po rêvant d’un destin politique personnel, mais des ingénieurs, animés du désir de réussir dans la vie économique…

 

Malheureusement, cette façon de concevoir la politique n’est pas seulement celle d’un petit groupe d’ingénieurs qui s’exprimaient il y a quelques dizaines d’années… Elle est celle de la très grande majorité des politiciens actuels (comme d’ailleurs de tous les temps…) Et aussi, inconsciemment, celle d’une grande partie de la population des électeurs.

 

Cette façon de concevoir la politique est extrêmement lourde de conséquences pour la réussite d’un pays et pour le sort de ses habitants (aujourd’hui, pour nous les Français !) Aussi, nous éloignant quelques instants des débats plus ou moins ridicules du moment,  apparaît-il  utile de parler du vrai but de la politique…

 

La plupart de nos politiciens nous affirment avec force qu’ils ont pour but de servir l’avenir de notre pays , et, avec lui, celui de tous les Français … ils le disent certainement avec une certaine sincérité… (ce sont des êtres humains : ils ne sont pas entièrement mauvais, et, même au fond d’eux-mêmes, il y a quelque chose de bon…) Cependant, s’ils exprimaient avec sincérité, beaucoup d’entre eux devraient reconnaître que le vrais sens de leur candidature n’est autre que leur élection au poste qu’ils ambitionnent… et que le souci  du bien commun, tout en étant toujours un peu présente,  n’a qu’une importance secondaire…

 

Tout cela explique que l’on vit en pleine hypocrisie collective : on fait semblant de parler de l’intérêt du pays, alors qu’en réalité, la plupart ne pensent qu’à la réalisation de leurs ambitions personnelles !

Cela amène la plupart des candidats à dire n’importe quoi dans le seul but de faire croire en la sincérité de leurs intentions et en la supériorité de leur vues personnelles ! (Alors qu’en réalité, en dehors de leur talent pour dire n’importe quoi - mais avec brio – la plupart n’ont qu’un niveau intellectuel qui ne dépense dépasse pas celui de l’immense majorité des Français moyens.  Dans ces conditions évidemment les débats publiques sont à la fois illusoires, ridicules et parfaitement inutiles !

 

Mais, moi qui (à tort ou à raison – ne me considère pas comme un imbécile…)   je viens de dire une énorme bêtise : si ! les débats publics sont utiles, très utiles,  indispensables même, mais à condition de comprendre que leur véritable intérêt n’est pas celui de prendre connaissance des points de vue exprimés, mais, à condition que les téléspectateurs sachent deviner la personnalité profonde de chacun des participants,  il est celui de permettre de juger la valeur morale de chacun d’eux…

 

Pourquoi parler de « valeur morale » ? Parce que la clé du succès d’une nation - ou, malheureusement, de son échec… - ce n’est pas principalement l’intelligence de ses dirigeants, mais leur valeur morale. Un homme politique intelligent, mais sans vraie valeur morale, prendra ses décisions pour plaire aux citoyens… Quitte, s’il le faut, à ce que  quelques années, après, le pays en recueille les fruits amers… C’est ce qui explique le point de déclin où l’on est maintenant arrivé en France : c’est dû à ce que nos grands dirigeants n’avaient pas une grande valeur morale (ni Jacques, ni Nicolas , ni François… ni, avec eux, beaucoup de leurs adversaires…)

 

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Puisque nous sommes descendus dans l’arène, attardons-nous y un moment…  Quand le père Le Pen disait « tous pourris ! », cela, bien sûr, ne plaisait pas à la classe politique… et il exagérait beaucoup ! Mais il n’avait pas complètement tort… Quant aux critiques,  analogues et plus subtiles,  de sa fille,  nous aurons j’espère l’occasion d’y revenir… Comme d’habitude, tout, loin de là, n’est pas faux dans  ce qu’elle dit (c’est d’ailleurs pour cela qu’elle a du succès !), mais le problème, c’est, d’abord, qu’elle pourrait peut-être s’appliquer à elle-même les critiques qu’elle adresse aux autres… et ensuite que ses solutions ne sont pas nécessairement meilleures que celles du « système »… - et, peut-être encore pires !

 

Restons encore un moment dans l’arène. L’entretien avec François Fillon, de jeudi soir, 23 mars, sur France 2, est, à mon avis,  très instructif… Ce qu’il a dit avait de l’intérêt (car, n’exagérons pas ! entre hommes fins - comme vous et, peut-être, moi… - nous savons bien qu’en dépit de ce que je viens d’écrire,  le contenu  explicite du discours a quand même une certaine importance…) ;  mais l’intérêt véritable était celui de la révélation des attitudes de l’intéressé et de ses opposants : quel contraste ! entre ses explications claires et calmes, sa sérénité, son sourire, sa politesse et l’excitation ridicule des personnes chargées de venir lui apporter la contradiction ! (On peut être pour ou contre François Fillon, mais ceux qui, ayant assisté à l’émission, oseraient dire que mon jugement n’est pas justifié, ne pourraient être considérés que comme des gens de mon mauvaise foi – ou, excusez-moi, comme des crétins !

 

Puisqu’on parle de cette émission – et de la deuxième chaîne de télévision… - permettons-nous une petite parenthèse : le degré de partialité, de malhonnêteté - et de grossière maladresse ! – dont on fait preuve les journalistes est proprement ahurissant ! (Ainsi, par exemple, à entendre les commentaires rapportés par les tweets, tous leurs auteurs se seraient montrés très critiques à l’égard de François Fillon et personne n’aurait pris sa défense ! Par contre, il est vrai que les journalistes n’ont pas caché que 28 % des téléspectateurs avaient trouvé François Fillon « convaincant »…  Mais pouvaient-ils aller jusqu’à cacher ce résultat chiffré - sans courir le risque d’être accusés sur la base de faits extrêmement précis… D’ailleurs, s’ils avaient été objectifs et capables de d’émettre une remarque d’importance essentielle, ils auraient dû comparer ce taux de 28 % aux 17% qui lui étaient attribués quelques jours auparavant - et ajouter  qu‘à priori, un tel taux aurait eu être d’autant moins attendu que de lourdes accusations pèsent sur François Fillon…

 

De toutes ces discussions et de l’observation de ce taux de 28 %, je conclue qu’qu’à l’occasion de cette émission, beaucoup de Français ont commencé à corriger leur appréciation sur François Fillon et qu’il s’agit là du début d’un redressement qui, à mon avis, continuera… Cela ne fait d’ailleurs que confirmer ma conviction, selon laquelle les adversaires de François Fillon, trop surs  de leur « coup » ont fait la grossière erreur de croire que les Français ne sont pas aussi bête qu’ils ne le pensent…

 

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(J’ai beaucoup parlé de François Fillon. J’ai peur qu’Emmanuel Macon en soit jaloux… mais qu’il se rassure le petit commun commentateur inconnu que je suis, trouvera bien un moment ces jours-ci pour parler de lui… Malheureusement il regrettera certainement que mon audience ne soit pas plus importante…)

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