« Affaire Fillon » : allons ! Soyons sérieux !

Publié le par François Champel

On reproche beaucoup de choses à Fillon (« qui veut tuer son chien l’accuse de la rage »). Bien sûr, tous les reproches qu’on peut lui faire ne sont pas sans fondement… mais, immédiatement deux questions se posent :

             

1 – Qui, dans sa vie, n’a pas fait de fautes et des erreurs ? – parfois bien plus importantes que celles qu’on reproche à François Fillon - y compris, et surtout, parmi ses accusateurs, qui commettent au moins trois fautes infiniment plus graves : 1°) celle d’organiser méthodiquement (de plus par des moyens très contestables !) une opération de délation publique (dont le but n’est évidemment pas d’informer !  mais d’éliminer l’adversaire le plus redoutable qui s’oppose à la réalisation de ses immenses ambitions  de pouvoir), 2°)  celle de ramener au plus bas possible de débat démocratique – et même de l’annuler pendant plusieurs semaines – c’est un véritable crime contre la morale publique, contre la Démocratie et contre l’intérêt des Français, 3°) celle de jouer sur les légitimes sentiments de justice des citoyens, pour les tromper et les amener à considérer que la politique est d’abord et avant tout une affaire de morale (alors qu’eux-mêmes la foulent aux pieds en permanence !)

              2 – Les Français ont-ils intérêt à choisir un chef d’Etat, totalement irréprochable (un saint ! – qui, évidemment n’existe pas ! sauf peut-être du côté des accusateurs…), un manœuvrier habile à tromper – comme toujours -  l’opinion publique, mais qui ne possède pas l’expérience, la fermeté et le courage pour défendre efficacement les intérêts de notre peuple ? Ou bien un homme, certes imparfait, comme tout être humain, mais qui a fait preuve de travail, de courage et de dévouement et, en plus, qui jouit de l’avantage d’une grande expérience du pouvoir ? (Pour négocier avec Trump et Poutine, va-t-on choisir le jeune et beau Macron – certes intelligent, mais sans expérience – ou quelqu’un, qui a l’habitude de négocier avec les grands et qui, en plus, aura démontré avec éclat qu’il est un homme de caractère ?)

 

Venons-en maintenant au détail de toutes les accusations proférées.

 

1 – Sa malhonnêteté ?  D’abord celle-ci, proclamée avec sûreté (souvent par des gens dont beaucoup ont eux-mêmes les mains sales - et qui sont alors ceux qui crient le plus fort… ) est-elle certaine ?) la Justice ne s’est pas prononcée, mais les journalistes de la télévision et de la presse  écrite  si ! (surtout représentée par le Canard enchaîné – chez eux, comme chacun peut le supposer, tous les collaborateurs sont des hommes parfaitement objectifs, qui se garderaient bien de déformer les faits selon leurs préférences personnelles ! -  des saints quoi ! auxquels tout homme intelligent et de bonne foi devrait accorder une totale confiance). Mais parlons plus sérieusement : Ce que l’on appelle « l’honnêteté » se juge de deux manières : celle du respect de la légalité et celle de la conformité à la morale.  D’abord, sur le plan de la légalité rien n’a été démontré, alors que les gens sensés - qui n’ont pour juger que « les  informations-déformations » des média - s’abstiennent de porter un jugement définitif !  Ensuite, sur le plan de la moralité, certes, il y a faute – et grosse faute – mais, pour cela,  François FILLON mérite-t-il d’ être montré du doigt ? la réponse serait « Oui », si dans notre société, il était l’un des seuls à s’être mal comporté… Mais à l’évidence tel n’est pas le cas ! Car, en fait, du point de vue du niveau des revenus, toute la société contemporaine est terriblement injuste, depuis les grands patrons (en comparaison desquels François FILLON  n’est qu’un « gagne-petit » ! ) jusqu’aux gens ordinaires – tels que vous et moi-même -, qui achètent à des prix trop bas les produits courants qui ne permettent pas aux classes les moins favorisées de percevoir des revenus assortis à leurs besoins et à leurs mérites. Alors, vous tous les moralistes du Canard enchaîné et les hommes politiques accusateurs,  pourquoi dénoncer François FILLON qui, dans cette affaire, n’est que l’un de vos semblables ? – qui a surtout eu la malchance de se trouver accusé par des gens malhonnêtes et qui ne réfléchissent à rien ?

 

2 – Son mensonge ? Il y a toutes raisons de penser que François FILLON a été sincère quand il a dit qu’il était un homme honnête. Pourquoi ? Parce que tout est relatif, et que, s’il n’a pas été d’une éthique parfaite, il devait estimer (très probablement à raison) que, contrairement à beaucoup autour de lui (qui dans les circonstances présentes se font tout petits … )  il n’a jamais eu de comportements franchement malhonnêtes (du genre de celui  d’un certain Cahuzac, qui, comme lui, a eu la malchance de se faire remarquer…)

 

3 – Son accusation de la justice ? D’abord, est-ce qu’il accuse « la Justice », avec un « J majuscule » ? ou certains juges ? Réponse : certainement pas « la Justice » en tant qu’institution indispensable, que tout bon citoyen doit respecter. Mais, à l’évidence certains juges chargés de son affaire. D’ailleurs, quand on voit la manière totalement contraire aux habitudes de la Justice dans cette affaire comment pourrait-il ne pas le faire ? Accusé, n’a t-il pas le droit de se défendre (et, en même temps, défendre les 4 millions de Français qui lui ont fait confiance, ainsi qu’avec eux, tous les Français intéressés par le bon fonctionnement de la Justice. Certes, le président de la République, affectant de confondre 2 ou 3 juges avec « la Justice »,  lui conseille de ne pas mettre en cause cette noble institution, mais 1°) il ne la met pas en cause, 2°) écouter les conseils du Président Hollande  reviendrait à ne pas se défendre !

 

4 – Son revirement ? Certes, il avait annoncé qu’il renoncerait à se présenter s’il était mis en examen (ce en quoi il avait eu tort…) et maintenant il prend une position contraire. C’est vrai, c’est regrettable… Mais il faut comprendre… Quand il a dit qu’il renoncerait si (etc.) en homme politique avisé, il devait estimer que la mesure en question n’interviendrait pas avant la date butoir du 17 mars… Il a fait cette erreur parce qu’encore trop confiant dans « la Justice »de notre pays, il n’aurait jamais pu imaginer que celle-ci lui ferait le coup de procéder à un rythme très accéléré contraire à ses habitudes et à sa sérénité. Par contre, maintenant, constatant qu’il a été pris au piège par un comportement totalement anormal, que doit-il faire ? Renoncer à se présenter ? Et, avec cela, 1°) se laisser prendre dans le filet qu’on lui tend, 2°) laisser les 4 millions de français se trouver dépossédés de leurs choix par le fait d’une fausse manœuvre de  sa part ? La réponse est évidente : c’est les 4 millions de citoyens qui doivent l’emporter sur le respect d’une affirmation passée (qui ne constituait pas un engagement solennel – mais de simples « paroles verbales » comme disaient Charles Pasqua… Quand certains politiciens  du parti Républicain l’accusent de ce reniement (alors qu’eux-mêmes, en hommes politiques rompus aux manœuvres, en font en permanence d’infiniment plus importants…), ils savent bien qu’ils lui font un reproche de mauvaise foi… mais il faut bien que, d’une manière ou d’une autre  - intelligente ou stupide… - ils justifient leur trahison en se donnant des airs de sagesse et de vertu ! (Eux ne se contredisent pas, ils ne font que trahir…)

 

5 – Son caractère secret, son isolement, son entêtement ? On lui reproche ses qualités, qui sont celles de tout grand homme et qui le rapprochent d’un certain De Gaulle - qu’à juste titre tout le monde admire… parce qu’il n’est plus là... 

 

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Conclusion : les comploteurs ont profité des inévitables faiblesses de leur adversaire, de la médiocrité d’une grande partie des « élites », de la souffrance de beaucoup de Français, de leur besoin de trouver un responsable commode – de leur jalousie parfois…  – pour monter un coup bas. Ils n’ont été capables que de déployer des arguments d’une étrange faiblesse… Alors ils ont joué sur leur seul atout possible : les réactions passionnelles. Malheureusement pour – et heureusement pour la France – les Français perturbés au départ, ont assez de bon sens et de discernement pour être capables de se ressaisir… (il leur reste encore 5 semaines pour le faire et démontrer que quelquefois, dans la vie, on assiste à la scène de l’arroseur arrosé…)

 

Tout cela est-il vraiment désolant ?  Oui ! et non ! Oui, à court terme et pour juger de l’état moral des « élites » françaises (comme toutes les autres…), mais non, à long terme, car ces événements constituent pour le peuple de France, une excellente occasion d’acquérir un supplément de conscience politique dont il sera bénéficiaire. Oui aussi, parce que ces événements auront constitué l’occasion de révéler – et de confirmer – le courage politique d’un homme face à la troupe des politiciens qui ne songent en réalité qu’à une seule chose : la préservation de leur chances d’être bientôt élus (pour profiter eux-mêmes à l’avenir des avantages dont ils reprochent l’usage que d’autres avant eux en ont fait… Et « le tour est joué ».  Tant mieux pour eux ! Tant pis pour les électeurs ! Oui ! Mais à condition qu’il réussisse…

 

De ces événements, après la séquence des passions déraisonnables, viendra celle  du retour au bon sens et à la raison… Là encore comme ce fut le cas au cours des événements de 1968.

 

Je prends le risque de me tromper : mais de là sortira probablement une très nette victoire de la Droite… (que les partisans du fameux « plan B » croyaient voir venir de la direction opposée ? Que fera t-on alors d’eux ? Le futur président le dira… mais on peut plutôt prévoir que, dans l’intérêt bien compris du pays, après un temps de purgatoire, ils seront pardonnés. Donc que ceux-là aussi se consolent… (Sauf  s’ils persistent dans leur erreur :  tout le monde peut se tromper, il faut seulement savoir reconnaître et corriger ses erreurs ).

 

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Je ne termine pas en disant « Vive la France ! » car je ne suis qu’un citoyen ordinaire… Mais cette exclamation correspond à mon sentiment le plus profond (à celui qui m’a conduit à créer ce blog en catastrophe et à passer chaque jour beaucoup de temps à la rédaction de ces 15 à 20 articles.)

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Vous pouvez le faire en utilisant les lettres « a » en cas d’accord, ou « d » en cas de désaccord (ou encore le point d’interrogation (« ? ») dans le cas de perplexité ou d’indifférence…).

Cela, selon les conventions suivantes :

« Tout à-fait d’accord » : aaa ;     « dans l’ensemble, d’accord » ; aa ;         assez d’accord :  a

« En total désaccord » : ddd ;   « globalement en désaccord » :  dd ;   « plutôt en désaccord »  d

« perplexe  ou désintéressé » :  ?

Et ensuite d’aller à la dernière ligne de l’écran

qui vous permettra d’ailleurs, si vous le souhaitez, de faire vos commentaires personnels…    MERCI !

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« Affaire Fillon » : allons ! Soyons sérieux !

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